Caroux et Espinouse

La nature forge la vie

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Plateau du Caroux

Un autre monde au-dessus du monde

Entité géographique et géologique à part entière de la montagne du Haut Languedoc, le plateau du Caroux constitue la partie centrale et essentielle du massif du même nom bordé, en Est et en Ouest, par les gorges de Colombières et les gorges d’Héric. Au Sud, il s’appuie sur les vallées de l’Orb et du Jaur. Au Nord, il s’arrête à la hauteur du hameau de Douch où le massif de l’Espinouse prend le relais. Un plateau réputé, à juste titre, pour être un véritable balcon dominant les paysages du vaste Languedoc.

Le regard porte loin, en effet, depuis l’extrême sud où la table d’orientation, affichant 1059 mètres d’altitude, permet une vaste lecture des paysages et de l’horizon. La mer Méditerranée et la chaîne des Pyrénées peuvent être saisies à pleines mains. Comme la Montagne Noire. On observe notamment les villes de Sète, de Béziers et de Narbonne. Des Pyrénées et par temps clair se détachent le massif du Canigou, le Carlit et le Montcalm. Parfois l’Aneto. Les vignobles s’étalent. L’Orb et le Jaur tracent leurs vallées. Les gorges de l’Orb s’ouvrent comme une tranche de melon bien mûr. Le Massif Central s’arrête là, brusquement, dans sa partie méridionale. L’effet est saisissant.

Tant d’horizons ouverts

Autrefois terre de pâture pour les chèvres des hameaux de Douch et de Perpignan de la Grave, ce plateau s’est progressivement métamorphosé en un ensemble disparate où le végétal et le minéral composent autant de tableaux et de fresques, régal pour un œil averti, sensible aux beautés naturelles. Les pins noirs d’Autriche et les pins sylvestre, quelques pins à crochets, les genêts purgatifs, les callunes et les bruyères cendrées, les genévriers, la tourbe et les droseras, les amas ou les dentelles de schiste et de gneiss se plaisent à y jouer tantôt une symphonie tantôt un blues dont les charmes peuvent séduire l’esprit et atteindre jusqu’à l’âme.

Sur ce plateau, relativement petit par ses dimensions, le mouflon est roi, comme partout ailleurs dans les parties méridionales de la montagne du Haut Languedoc. D’origine Corse, il y vit depuis la fin des années 50 et est devenu un symbole touristique par la force des choses et la curiosité humaine.

Parmi tant d’horizons ouverts, dans tant de beautés végétales, minérales et animales, on vient flâner, humer ou, plus prosaïquement, marcher et regarder. La mémoire se trouve alors envahie d’images, d’odeurs et de parfums, quand, une fois le crépuscule et ses feux éteints, on descend du plateau. Très souvent en se promettant de revenir, toutes les subtilités de ce massif ne pouvant être assimilées en une seule et toujours trop courte visite.

Jean-Marie Hulbach

Massif de l’Espinouse

Terres de ressourcement

Le massif de l’Espinouse prolonge celui du Caroux vers le Nord de la montagne du Haut Languedoc. Entre landes de callunes et de bruyères cendrées, escarpements rocheux de granites, schistes et gneiss, il affirme une personnalité très typée qui lui vaut les faveurs des randonneurs du Languedoc (et d’ailleurs) désireux de se « coltiner » avec des reliefs auxquels il ne manque qu’un zeste d’altitude pour se confronter à leurs voisins pyrénéens. Le point culminant se situe, en effet, à 1124 m d’altitude…

Les bruyères et la roche n’en composent pas le seul décor. Loin s’en faut. La sylve (les arbres) est particulièrement dense et diversifiée sur certains flancs et dans quelques vallées : hêtres, châtaigniers, frênes, sapins de Douglas, épicéas, pins noir d’Autriche et pins sylvestres, érables de Montpellier, alisiers blancs, sorbiers des oiseleurs, saules Marsault, etc, etc… La flore est très riche et tout un petit monde d’insectes vit là bien mieux qu’ailleurs, en raison d’un très faible taux de pollution atmosphérique. En bonne saison, par exemple, il est tout à fait réjouissant de pouvoir rencontrer des dizaines d’espèces de papillons voletant sur le massif. Le mouflon est là, aussi.

Des arêtes (serres), des gorges, d’étroites vallées et des cols habillent le massif, sculptés par d’antédiluviens bouleversements géologiques, les érosions éolienne et hydraulique. Tous sont attractifs en termes de tourisme et, surtout, de balades et de randonnées. Qui ne connaît les gorges d’Héric (200 000 visiteurs l’an), la vallée du Vialais, les gorges de Colombières, la serre du Mayne, le sommet du Montahut, le Plo des Brus ou le col de l’Ourtigas, des portions des GR 7et 71, du GR 653 (chemin d’Arles à Compostelle) ?

Empreintes millénaires

L’homme a profondément marqué l’Espinouse de son empreinte et, s’il se cantonne, aujourd’hui, sur de rares axes chichement habités, il a, pendant plus d’un millénaire, vécu et travaillé en tous points du massif. Des kilomètres de murets et de terrasses de cultures, des ruines aussi éloquentes que celles de Caïssenols-le-Bas, de Chavardès ou du Vialais témoignent d’une opiniâtreté et d’une abnégation qui confondent le passant du XXI° Siècle.

Entre un passé évocateur de la rudesse montagnarde et d’un mode d’existence suranné et une nature bien vivante, plutôt protégée, ce massif est le frère privilégié de quelques rares autres massifs dont, par instinct ou par réaction à une ambiance générale devenue délétère, on tend à rechercher l’intimité salvatrice. Un excellent motif pour des vacances « intelligentes ».

J-M H

Caroux et Espinouse

Terres de mémoire

Là où il marche, l’homme laisse son empreinte. En bien comme en mal. Souvent, hélas, dans la souffrance. Les massifs du Caroux et de l’Espinouse ont ainsi été marqués par de douloureux événements survenus durant la Seconde Guerre mondiale, quand des maquis luttaient contre l’occupant nazi.

Organisations clandestines combattantes, les maquis ont contribué à la libération de notre Pays et chacun tient sa place dans l’Histoire de la France. Ainsi le maquis de Bir-Hakeim qui, depuis l’église et le presbytère de Douch, a lutté contre une compagnie allemande, le 10 septembre 1943.

En 2013, lors d’une importante cérémonie anniversaire, Jacques Mendes, maire de la commune de Rosis, a rappelé l’événement ainsi décrit par le général de Gaulle dans ses Mémoires de Guerre :

« Le 10 septembre 1943 à Douch, dans les Hauts Cantons héraultais se déroule un combat en règle qui semble une sorte de signal. Une compagnie allemande est mise en fuite par les nôtres et laisse sur le terrain son capitaine et dix soldats. » … Ce premier combat de la Résistance eut lieu ici-même où nous sommes, dès 6h35 du matin.

« Tandis qu’un épais brouillard enveloppait le plateau et limitait la visibilité à quelques mètres, des coups de feu éclatent. Une colonne allemande forte de deux cents hommes, venue par la route de Lamalou, avait cerné le camp sans éveiller l’attention des sentinelles. Les hommes du lieutenant de Roquemaurel se mettent en position sans prendre le temps de passer un vêtement par-dessus leur short.

« On se mitraille à bout portant et les éléments ennemis les plus audacieux sont contraints de reculer. Le capitaine, qui s’était approché à vingt mètres du poste de garde, paye de sa vie sa témérité. Mais les Allemands accentuent leur effort et tirent de toutes leurs armes automatiques, de leurs mortiers et de leurs canons légers.

« Après une heure d’un combat inégal, se rendant compte que l’encerclement est incomplet et que la face nord du camp est libre d’ennemis, le lieutenant de Roquemaurel rallie ses hommes sans tarder et ordonne le repli sur un cheminement reconnu quelques jours auparavant. Arrivant par les gorges d’Héric, des renforts allemands cherchèrent l’affrontement. L’épais brouillard, qui gêna l’identification et la reconnaissance aérienne, favorisa le repli des maquisards vers leur base de l’Aveyron. Deux d’entre eux furent tués tandis que l’ennemi perdait son capitaine et dix soldats. Avant de quitter les lieux, en guise de représailles, les Allemands mirent le feu au presbytère ayant servi d’asile aux maquisards. L’église fut préservée du sinistre. »

On peut lire l’intégralité de la relation de la cérémonie du 70ème anniversaire du combat de Douch sur le site Internet de la commune de Rosis.

J-M H

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